Rhum Fest 2016 par Sébastien Friess

  • Sébastien Friess
  • Evènements
Je partage mon rhum avec le ciel, à moi le rhum et à lui la part des anges, plongez dans les profondeur de cette brûlante eau de vie

Je partage mon rhum avec le ciel, à moi le rhum et à lui la part des anges, plongez dans les profondeur de cette brûlante eau de vie

Cyril Hugon
Cyril Hugon

C'est avec impatience que je scrutais dès le mois de décembre internet pour réserver non pas ma place mais mes places pour un week-end sous le signe du rhum à Paris.

Pour ma seconde édition, un peu de travail préparatoire est de rigueur. Avec mon comparse éclairé Sylvain nous sélectionnons les maisons à qui nous allons rendre visite et comme nous avons deux jours, soyons sympa avec notre palais, ne sautons pas sur les nouveaux Velier à 75° dès la première 1/2 heure et prenons le temps de profiter de tous ces produits.

Nous arrivons un peu après midi sur place et là ! Première surprise, il y a la queue ?! Une foule assez dense se répartit entre l'espace VIP et le reste du salon. Nous entrons enfin dans ce temple de la dégustation, où à gauche Christian de Montaguère et son équipe attendent de pied ferme le chaland devant une montagne de bouteilles amoncelées pour l'occasion et à droite Cyril Hugon en personne s'occupe de la distribution des verres.

Rhum Chalong Bay (Thaïlande)
Rhum Chalong Bay (Thaïlande)

Nous profitons alors de notre heure bonus pour aller voir les stands qui seront bientôt pris d'assaut. Premier arrêt chez Chalong Bay. Nous n'avions pas pris le temps de nous y arrêter l'an passé, c'est à présent chose faite et nous avons été agréablement surpris par leur unique rhum blanc très fruité qui n'est pas sans rappeler les Clairins dont ils partagent les mètres linéaires. Après discussion, nous apprenons que de nouveaux produits arriveront sur le marché en octobre et que la marque poursuit son développement à son rythme. Du vieillissement serait même à l'étude mais c'est un autre métier nous a-t-on expliqué sur le stand.

Rhum Bologne (Guadeloupe)
Rhum Bologne (Guadeloupe)

Autre rhum que j’avais à cœur de découvrir et à côté duquel j’étais passé l’année dernière, le Black Cane de Bologne. C’est avec le sourire que nous sommes accueillis pour déguster ce nectar issu de canne noire, délaissée par d’autres pour son manque de productivité et cultivé par Bologne sur les immenses terres de leur domaine. Un nez légèrement caramel, une bouche fruitée (on me souffle gingembre, mangue) et poivrée, c’est une très belle découverte. Il en va de même sur le XO qui est un assemblage de 4, 8 et 12 ans, qui est très rond et se boit facilement, je le conseil à ceux qui souhaitent débuter avec les rhums vieux.

Rhum Longueteau (Guadeloupe)
Rhum Longueteau (Guadeloupe)

Nous poursuivons notre visite avec un autre nom du rhum qui a fait parler de lui l’an passé, j’ai nommé Longueteau. François Longueteau nous fait l’honneur de nous présenter ses produits et son exploitation.

Nous commençons notre dégustation par les éditions parcellaires en blanc. Ces deux rhums permettent de mettre en évidence l’influence du terroir et des conditions climatiques sur le gout final du rhum. La même variété de canne rouge est utilisée mais plantée pour l’une dans une cuvette, abritée du vent conservant une bonne humidité des sols et l’autre au contraire sur un terrain exposé au vent et en pente pour un sol plus sec. A la dégustation, on retrouve les marqueurs de l’agricole, on ressent bien la canne en bouche, les deux sont assez secs. Les différences sont assez notables avec un rhum plus fruité que l’autre mais j’en resterai là pour la comparaison. Ma préférence ira à la parcelle N°9. Nous avons également dégusté le 62°, mélange de ces 2 parcelles et là encore, un rhum avec des traits communs aux deux autres mais avec une personnalité qui lui est propre et un degré d’alcool supérieur. (Christophe le créateur de votre blog « Passion Du Rhum » m’a confié qu’il adorait ce dernier pour réaliser son ti-punch).

Nous ne pouvions pas quitter ce stand sans gouter les rhums vieillis de la gamme. Nous débutons par le XO, 42°, bouche cannelle et vanille pour finir par la grande réserve reconnaissable à son étiquette violette que l’on pouvait également découvrir au bar des nouveautés. Ce dernier était très boisé et assez particulier, je le mettrai dans ma liste des belles découvertes de cette édition du rhum fest.

Nos Hôtes au Bar du Salon
Nos Hôtes au Bar du Salon

Après ces enchaînements, une petite pause… Repos du palais, hydratation et petit cocktail avec un dark & stormy revisité au bar du salon. Ensuite, l’heure des dégustations rhum/fromage approchant, nous nous rendons au pavillon VIP. Les curieux étaient assez nombreux et nous n’avons réussi que le lendemain à obtenir un peu de rhum Galabé de la distillerie de Paris avec sa pâte blanche de fromage de chèvre. On se laisse guider par le maître des lieux et on prend une bouchée de fromage et une toute petite gorgée de rhum qu’on fait repasser en bouche et ça marche. Je n’ai pas eu la chance d’essayer le munster mais en tant qu’amateur et de fromage et de rhum, j’ai été agréablement surpris par cet atelier où en attendant un peu j’ai même pu gouter le sirop et le pain de sucre de Galabé. Son goût unique en fait un ingrédient atypique utilisé par certains chefs dans leurs compositions.

Click pour agrandir
Click pour agrandir

Dans ce pavillon le bar à cocktail animé par l’équipe du Maria Loca autour de l’Old Fashion nous attendait. Smoky Cinnamon, Sweety Cherry, Bitter ou Spicy, chacun s'est délecté avec ces compositions autour du rhum et des sirops Monin. Petit clin d'oeil à Monin, qui nous a séduit et rafraîchit avec leurs cocktails sans alcool, mention spéciale pour le Sunny Storm (sirop saveur rhum, sirop falernum, citron vert et ginger beer Fentiman’s), je pense en avoir bu un demi litre à moi tout seul sur les deux jours.

Michael Landart du Maria Loca Paris et la carte du Old Fashioned Menu
Michael Landart du Maria Loca Paris et la carte du Old Fashioned Menu
Michael Landart du Maria Loca Paris et la carte du Old Fashioned Menu
Michael Landart du Maria Loca Paris et la carte du Old Fashioned Menu

Michael Landart du Maria Loca Paris et la carte du Old Fashioned Menu

Espace Cuisine Créole hum...
Espace Cuisine Créole hum...

Nouveauté cette année, en complément des Food trucks, un espace cuisine créole où l’on pouvait se régaler d’accras de morue, purée de patate douce, chayottes et autres plats plus délicieux les uns que les autres ! L’attente était raisonnable et les plats servis avec le sourire.

Click pour agrandir
Click pour agrandir

L’attraction de ce pavillon restera sans conteste le bar des nouveautés. Le concept a été revu et en a surpris plus d’un. Les quelques rhums d’exception de l’an passé, ont laissé la place aux nouveautés des exposants. Certains disponibles sur leurs stands et d’autres uniquement ici. Benoît Bail et Vincent Bidault De Villiers n’ont pas démérité pendant ces longues heures à répondre aux questions et remplir les verres de toutes celles et ceux qui sont venus s’accouder à leur zinc. Les rhums étaient bien trop nombreux pour les goûter tous, même en deux jours (quoi que je soupçonne certains d’avoir essayé mais sans y parvenir).

Click pour agrandir
Click pour agrandir

Je me suis attardé comme tout le monde sur la cuvée de la confrérie et le HSE small cask avec une petite préférence pour le small cask plus atypique. J’ai fait la découverte de la production marseillaise de Guillaume Ferroni et après tous les blancs que j’ai gouté pendant le week, il a réussi à me surprendre avec ses Dame Jeanne et Guildive aux méthodes ancestrales et arômes hors normes. En me faisant conseiller, j’ai fait la découverte d’un rhum colombien, le Coloma, 8 ans, pur jus, agricole mais assez rond, une belle rencontre parmi l’étonnante quantité de bouteilles présentes. J’ai enfin terminé par le tricorne, la dernière petite bombe de la Compagnie des Indes.

Un mélange de pur jus, de mélasse et de batavia arrack un ancêtre ou parent éloigné du rhum. Une bouche assez réglisse pour ma part, un petit OVNI au milieu de tous ces rhums.

Click pour d'autres Master Class
Click pour d'autres Master Class

Mon samedi s’est terminé par la Master Class sur l’histoire du rhum pendant la prohibition.

Les origines de la prohibition en Amérique et en Europe, la plaque tournante de l’époque qu’était Saint-Pierre-et-Miquelon, les combines pour se procurer rhum et whisky. A l'instar de l’an passé, l'excellent exposé de Matthieu Lange était très intéressant, agrémenté de pointes d’humour et surtout d’une présentation aux couleurs psychédéliques. Cet interlude nous a permis de faire une petite pause avant notre retour en ville et le passage obligé par « Mabel », l'autre "Place To Be" des amateurs de rhum.

Click pour agrandir
Click pour agrandir

Le lendemain, Dimanche, frais comme des gardons, nous entendions bien profiter de tout ce que nous n’avons pas pu goûter la veille. Cap sur Vélier. Nous avons le plaisir de rencontrer Danièle (qui n’est pas le fils de Luca ;-)) qui nous fait découvrir les dernières nées de l’habitation du même nom. Forsyths WP (Worthy Park) en 3 déclinaisons : blanc high proof 75,5°, blanc fermentation longue 502(mg d’ester/L) et l’aged in barrel 57,8°. Ma préférence ira au 502 aux arômes puissants mais beaucoup plus abordable que les 75,5° du high proof qui demande du temps à l’atterrissage.

Click pour agrandir
Click pour agrandir

Je ne vous ai pas parlé non plus des Clairins. J’ai découvert avec Danièle ces productions Haïtiennes l’an passé. Nous sommes ici sur les batchs #3 de ces rhums uniques. Un nez toujours aussi fruité, une bouche sans commune mesure avec tous les blancs du salon, sans flagornerie aucune, le Vaval se démarque d’un cheveu des 3 par sa richesse d’arôme en bouche et aura ma préférence. Bien évidemment cela n’à aucun rapport avec le patronyme de la charmante Itzel qui nous a accompagné dans notre dégustation.

Rhum Bielle (Marie-Galante)
Rhum Bielle (Marie-Galante)

Avant dernière étape, Bielle et son identité unique. Vicqui nous présente les produits façonnés par Jacques Larrent. Le 2009 avec son empreinte iodée et le 2008 40ième anniversaire à 53,4°. Ce dernier est assez rond et me rappelle les vieux de Martinique que j’apprécie.

Click pour agrandir
Click pour agrandir

Le dernier stand de ce très long week-end, méconnu du public, n’est autre qu’Ekte. On pouvait apercevoir certains de leurs produits au bar des nouveautés. Un packaging très sombre (trop ?) et des appellations énigmatiques : D&A, P&G. Ce sont ces 2 là que j’ai gouté en premier, D&A pour Dark and Aged, un blend Guyane, Trinidad et Barbade avec adjonction de sucre pour le rendre plus accessible. Mélange très bon mais trop sucré à mon gout. Le P&G corrige ce défaut, un blend Jamaïque, Barbade et Trinidad sans sucre à 47° qui sera dans mon top 10 du salon. Mais Ekte ce n’est pas que du blend mais aussi des singles casks d’exception comme sait en faire notre italien préféré. Numérotés de 1 à 5 (6!), ces bouteilles étaientt servies au compte goutte. J’ai pu goûter le N°3 du Nicaragua 15 ans d’âge et 68° sec mais avec un nez très caramel que l’on ne retrouvait pas en bouche, très bon rhum. Mon dernier rhum aura été le N°5, ce n’est pas du Chanel mais une UITVLUGT de 17 ans à côté de laquelle il ne fallait pas passer.

Vous vous demandez sûrement pourquoi je parlais de N°6, tout simplement parce qu’il faisait parti des dessous de table de ce rhum fest ! Un UITVLUGT de 23 ans limité à 250 bouteilles qui se cachait là sous nos yeux mais qui n’était pas mis dans toutes les verreries. Il en aura été de même pour le Longueteau carafe 120 ans que seuls quelques initiés ont pu avoir la chance de goûter le samedi. Mais promis un jour aussi j’y arriverai, oui ! J’y arriverai.

Click pour en savoir plus
Click pour en savoir plus

Je terminerai par mes coups de coeur du salon : Longueteau Grande Réserve, Ekte P&G et ses numérotés, Habitation Vélier Foursquare. Avec mention spéciale du jury pour les nouveautés de la Compagnie des Indes qui, de mon point de vue, fait beaucoups d’efforts pour nous présenter de belles pépites comme son Tricorne ou encore son Boulet de canon.

Rhum Fest 2016 par Sébastien Friess

Merci à tous à tous les hommes et les femmes de l’ombre qui rendent ce genre d'événements possibles. J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle édition mais je suis un éternel optimiste. Peut-être faudra-t-il trouver une lieu plus propice à toute cette foule de passionnés l’an prochain, concernant le bars des nouveautés vs le bar VIP de l’an passé, je ne sais que dire, la quantité face à la qualité ? Peut-être les deux, un premier pour élargir les horizons et l’autre en quantité limitée pour le petit plus du ticket VIP ?

Rhum Fest 2016 par Sébastien Friess
Rhum Fest 2016 par Sébastien Friess
l'abus d'alcool est dangereux pour la santé à consommer avec modération -  Hébergé par Overblog